L'idée première était de n'y passer qu'une semaine, voire 15 jours, histoire d'aménager un peu le 4.4... on est resté 7 semaines.
La raison principale: notre alternateur a lâché, et nous ne parvenions pas à trouver la foutu pièce de rechange.
Qu'à cela ne tienne! Quitte à rester bloqués dans une communauté, autant participer vraiment, et plonger dans l'ambiance:
Jasper hall, Welcome to the paradise!
D'origine Allemande, il a voyagé toute sa vie, et décidé de créer son propre environnement..
12 ans de travail pour batir un paradis terrestre de 45 hectares de forêt, jardins ou autres arbres fruitiers. Tout a été construit par une poignée d'amis.
Rien ne manque: maisons individuelles, accueil, garage, buanderie, toilettes sèches, douches solaires, cuisine extérieure commune... et chaque chose fût étudiée pour limiter au maximum l'impact sur l'environnement. Impressionnant!
Ainsi, au fil des années sont venues se greffer d'autres personnes. Chacun vit à son rythme, en fonction de sa situation. Certains s'acquittent de leur loyer en travaillant chaque jour à l'entretien du lieu et en vendant le produit des récoltes. D'autres travaillent à l'extérieur et payent une location, tout simplement.
On compte aujourd'hui une bonne 10 aine de résidents permanents.
L'étendue de cette propriété est telle que l'entretien serait quasiment impossible sans une aide extérieure, c'est là que nous intervenons.
Jasper Hall a en son sein une grande communauté de wwoofers. En permanence, entre 10 et 15 personnes, de tout âge, toutes nationalités, venus découvrir, tester ce mode de vie, mais aussi donner son avis et faire partager ses propres connaissances!
Autant dire qu'on a rencontré des gens passionnants:
Fernanda,
Une bréziliène ayant elle aussi créé sa communauté dans son pays... Grâce à elle, nous aurons entre autre appris à faire du savon Bio!
Mitchi,
Une japonnaise, « complètement parfaite ». Cordon bleu, toujours souriante, une perle! Elle a eu la gentillesse de nous faire partager ses secrets culinaires:
Le riz, les sushis, mais aussi la confiture, et le pain (et oui) n'ont désormais presque plus de secrets pour nous!
Luc, son mari, (Australien) Pizzaiolo d'exception grâce à qui je ne rêve plus que d'une chose: un four à bois...
Thomas,
Un français, qui nous a livré les secrets des disques durs (il est informaticien), et fais découvrir également le Golf « sauvage »
Claire et son mari:
qui ont enchanté nos soirées autour du feu avec leur accordéon, leur guitare et leurs voix...
Nigel, un Australien pas comme les autres, dont le rêve est de changer le monde, en prônant une nouvelle agriculture.
(Travaux et idées très fouillées), je possède une copie d'une partie de son travail, si quelqu'un est intéressé par l'agriculture au charbon biologique, et tous travaux portants sur les problèmes de nutrition, faites le moi savoir dans les commentaires ou contactez moi directement, je vous en ferrai part.
Comment ne pas penser aux Wwoofers sans parler de l'équipe d'australiens, sans qui rien n'aurait été pareil... Une bande de véritables Bushmans (peut être un peu trop portés sur l'alcool et
l'herbe de provence
) qui ont enchanté nos soirées à leur façon: en gueulant comme des sauvages et en explosant les
percutions!!!
Merci, His (alias tees...), pour ton « A.U. » (qui veut dire « oui » en language zarbi), pour ton accent incompréhensible, pour nous avoir fait découvrir les chips de cassava, ou encore, pour nous avoir fait flipper en roulant comme un dingue, sans permis, avec ta caisse pas assurée..
En un mot: nous étions tous différents dans cette équipe. Mais nous avions tous un point commun: l'envie de partager. Ce qui fait que c'était, et que ça restera un moment formidable.
Je n'ai pas parlé de tout le monde, ce serait impossible, ou trop long de tous les citer... Sans parler des résidents qui nous proposaient des activités, prenaient de leur temps, pour nous faire découvrir leurs intérêts:
C'est ainsi que nous avons été initiés à la méditation, au yoga, avons participé à des discutions ciblées sur la guérison de l'esprit, été invités à se joindre au « mois miracle »; Raw
food, pas de tabac, pas d'alcool...... bon, c'était pas obligatoire, mais l'idée reste sympa
En tous cas, ça sort du commun, et ça nourrit l'esprit!
Rester 7 semaines, c'est le strict minimum pour commencer à ressentir la véritable ambiance de ce lieu...
Bien sûr, tout n'est pas complètement rose: difficultés économiques (c'est qu'il faut vivre, et rembourser le terrain...) et bien sûr, des p'tits problèmes d'alcool, pour certains, de drogue en général pour d'autres... C'est pas non plus le pays des bisounours, faut pas rêver!
Bien sûr, on a essayé d'apporter un p'tit coup de pate, en fonction de nos capacités: Guillaume à construit un « solar food dryer »,
Meuble en bois dans lequel on met des aliments, qui sont ensuite séchés par le soleil (cela permet de cuire, tout en gardant les qualités nutritionnelles). Réparation de divers structures en bois, balançoire pour les enfants...
Encore quelques semaines de plus, et il nous attaquait une maison dans les arbres!!!
Quant à moi, ben, j'étais l'électricien de la communauté, cool! Pendant que d'autres creusaient des grosses tranchées pour faires des chemins, portaient des gros caillous (qui avaient l'air super lourds!!!)
et bien moi je me baladais avec un voltmètre
. J'appuyais au pif sur les disjoncteurs, retournais les grilles-pains pour
y retirer les souris un peu trop gourmandes qui avaient fait péter les plombs... la belle vie quoi! Une petite éolienne, deux ou trois p'tites réparations sur les panneaux solaires... rien de
très méchant, mais tout le monde était content, alors c'est bien
Bien sûr, jusqu'au jour ou Andy m'a demandé de réparer le tracteur... en gros, ça a fait:
Andy - Vas y démonte, c'est surement là la bougie de préchauffage
moi - Heu, tiens, c'est marrant, on dirait des pièces d'injecteur... faut surtout pas le redémarrer, on va péter le moteur!
- Ok Ok... (Vrouuuum) Et, ca marche!!!
- Et me...
Résultat: essence dans l'huile, tracteur indispo pour au moins 6 mois, réparation à un prix exorbitant Ca calme!
C'est le petit soucis d'Andy: à force de prendre tous les problèmes à bras le corps, il est submergé: problèmes administratifs, créanciers, problèmes personnels... ce qui entraine un véritable surmenage.
L'alcool n'arrange pas forcement la situation .... Tellement de problèmes qu'il veut régler très rapidement, sans prendre le temps d'un peu de recul, de réflexion.... Il a eu je crois, 2 accidents durant notre séjour, et le coup du tracteur n'a fait qu'engendrer un stress suplémentaire! Lorsque nous avons quitté Jasper Hall, la communauté était au bord de la rupture!
Nous avons la sensation d'avoir été présents pendant la « descente en enfer économique », et la pente semble difficile à remonter. Peut être avons nous assisté à la fin d'un rêve, rattrapé par un système qui ne favorise pas ce type de mode de vie... peut-être, nous l'espèrons, était-ce juste un passage à vide.
Mais ça, c'est une autre histoire.
Nous concernant, les matinées étant dédiées au travail dans la communauté, nous disposions de nos après-midis pour travailler à l'aménagement du 4.4:
On a décidé de faire un lit en Bambou: Ils pullulent à Jasper Hall, c'est gratuit, et tellement plus stylé que du contre plaqué
On a re batisé la bête: Turbo Bambou Wagon!
Ça c'était les 15 premiers jours...
Ensuite, le côté « turbo Wag'merd" a repris le dessus: route du Bush, nuit noire, pluie... et là, plus de phare, plus d'essui-glaces, pas de lumière sur la route, enjoy!
Encore une fois, on a eu une chance énorme: au moment où nous avons décidé de jeter l 'éponge (histoire de ne pas se planter dans le bas côté), une personne s'arrête et se propose de nous ouvrir la route avec son 4.4 pour nous ramener chez « nous ». Gros gros coup de chance!
On a cherché, incriminé l'alternateur, changé les charbons, re testé, re démonté, ouvert pour nettoyer, re testé, re démonté, demandé à un garagiste, suivi ses conseils, partis à Brisbane (en stop, 300 Km), été dans une casse qui nous assurait que « sisi, on a la pièce! », Toujours pas de rechange...
Finalement, on a quand même fini par trouver le pitit composant qui faisait défaut, et on a pu enfin repartir
Nicolas Guillaume